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Traverser le Cambodge en bicyclette

Dernière mise à jour : 16 mars

On the road again. Préparez vous on va manger de la poussière !
On the road again. Préparez vous on va manger de la poussière !

Sommaire:




  1. Frontière qui sépare la Thaïlande et le Cambodge, départ de de Poipet !



Après 2 mois en Thaïlande et un mois au Laos, une envie me prend de changer ma façon de voyager.


En fait, je crois tout simplement que j'avais envie d'aventures, envie de dormir n'importe où, de voyager sans but si ce n'est celui de découvrir ce pays en m'éloignant autant que possible des zones touristiques.

Et pour s'éloigner des sentiers battus, le voyage en vélo est tout indiqué.


Avant de quitter la Thaïlande, je devrais donc trouver un vélo d'occasion à Bangkok.

La ville est vaste je devrais bien dénicher la perle rare.


Après une journée de recherche à travers la capitale Thaïlandaise, j'aperçois enfin une superbe bicyclette rouge de la célèbre marque italienne Bianchi dans un magasin d'occasion.


C'est le coup de foudre, je l'achète après une négociation acharnée.


Il y a déjà un porte bagage, il me suffira d'acheter une pompe, une gourde et des rustines pour les crevaisons ainsi que des tendeurs pour harnacher mon sac à l'arrière.



Et voilà le travail, ma bicyclette est prête, j'ai plusieurs vitesses et mon sac tient bon !
Et voilà le travail, ma bicyclette est prête, j'ai plusieurs vitesses et mon sac tient bon !


Je fais connaissance avec mon vélo, on va partager la route et vivre des aventures ensemble pendant un mois à travers les routes de campagne du Cambodge en prenant notre temps.


Ca y est, je traverse la frontière.


Nouveau pays, nouvelle langue, nouvelle culture, nouvelle monnaie (riel cambodgien).

Mes yeux sont grands ouverts et dévorent ce qui les entoure.

Traverser une frontière par la voie terrestre est toujours pour moi un sentiment indescriptible.

En un claquement de doigt, je dois retrouver mes marques et réapprendre les bases : apprendre à dire bonjour, merci, réapprendre la valeur des choses pour les négociations etc.


Les locaux m'aident à attacher solidement mon sac à l'arrière du vélo et c'est le grand départ. Mais quelle direction prendre?

Je regarde sur Maps.Me (l'application de cartes hors ligne) et je choisis un peu au hasard.

Je décide de pédaler vers les routes de campagne du nord.


Les locaux sont pliés en deux en me voyant passer en vélo, au milieu de nulle part.

J'en perds mes tongs tellement les routes sont affreuses, pleines de trous et de poussière.





Les enfants courent vers moi, curieux de savoir ce que fait un "barang" perdu en plein milieu de la pampa. ("Le mot barang désigne principalement une personne de souche européenne ou plus spécifiquement un Français, en raison de l'héritage colonial français au Cambodge").

Ils sont adorables et très curieux, je sens que je vais me plaire ici.


J'avance à la force de mes jambes, j'avale beaucoup de poussière qui me laisse un arrière goût dans le fond de la gorge.

Par moment je meurs de chaud mais je me sens en vie, chaque jour est une aventure !


Sur la route, je dors où le vent me mène, je ne stresse plus pour ces détails.

Je n'ai plus d'horaire, plus de réservation. La nuit choisit l'endroit où je m'arrête.

Les ombres s'allongent sur la route et le ciel se teinte de couleurs orangées, il me faut trouver un endroit propice au bivouac.


Je m'installe en bord de route, dans des cabanes en bois abandonnées et quelques fois, il m'arrive même de demander l'hospitalité chez les moines dans les temples.

C'est un confort rudimentaire, j'ai un toit sur la tête et accès à de l'eau pour me rincer et enlever la poussière ocre qui me colle à la peau.


Ces moments sont précieux.


Les moines ne parlent pas anglais mais peu importe, on essaie de se comprendre autrement. Je montre mes photos aux plus jeunes et leur raconte mes pérégrinations en faisant des grands gestes. Ils sont curieux et on rigole sous l'œil observateur des moines plus âgés.





Je me sens libre, je suis un nomade en selle, le vent fouette mes cheveux emmêlés et je vais où j'ai envie d'aller tout en essayant de garder le cap vers les temples d'Angkor que je rêve de découvrir !

Mon cœur bat la chamade, je chante, je traverse des villages endormis et d'autres pleins de vies.

Je regarde la vie autour de moi et je laisse place aux longues introspections qui font partie intégrante du voyage cyclo nomade.





  1. Direction Siem Reap et les temples d'Angkor



Siem Reap apparaît au crépuscule.

Mon arrivée dans cette ville est magistrale.


J'avance à fière allure, ma main agrippée à un tracteur chargé de bois.

J'ai de la musique qui pulse dans mes oreilles et mes lunettes de soleil sur le pif, à cet instant précis je suis le roi de mon monde, un "super vagabond"!


Je réserve 4 nuits en auberge dans la ville de Siem Reap pour reposer mes jambes et prendre le temps de rencontrer du monde.


On peut dire ce qu'on veut mais ça fait un bien fou de retrouver une douche bien chaude et un bon matelas même si on partage la chambre à 10 voyageurs, voire plus.

Honnêtement, après les cabanes abandonnées et les temples c'est le grand luxe !



Siem Reap est une ville charmante et calme aux diverses influences (française et sino-khmère)
Siem Reap est une ville charmante et calme aux diverses influences (française et sino-khmère)

Pour visiter les temples, pas besoin de louer quoi que ce soit; j'ai déjà mon vélo.

Il me faut tout de même acheter des billets d’entrée pour les temples à la billetterie officielle d’Angkor, située à 4 km à l’est du centre-ville de Siem Reap.


Allez c'est parti, je me lève à 4 h direction Angkor Wat pour observer la boule de feu se lever sur les temples. L'air frais me fouette le visage, j'avance dans le noir excité comme une puce.


J'arrive assez tôt pour profiter de ce moment exceptionnel.

Le levé de soleil sur le site principal d'Angkor Wat est un moment très attendu.

Donc comme beaucoup d'endroits touristiques, je suis loin d'être le seul au rendez-vous.





Tout de suite, on se laisse happer par l'atmosphère qui règne en ces lieux.


Ces pierres racontent des siècles entiers d'histoire, les frises sur les murs sont incroyablement bien conservées et racontent elles aussi des batailles, l'histoire des Dieux et des Hommes.


Je suis envoûté, j'en ai les larmes aux yeux.





Une fois de plus, je suis si reconnaissant de découvrir ces lieux. Je suis apaisé, j’écoute ma petite musique et je me balade à mon rythme à travers les différents sites.


Je ne vais pas m’éterniser ici à décrire chaque visite de temple, il y a déjà tellement de blogs pour ça qui feront ça mieux que moi, j’en suis persuadé.


Et voilà, après ces quelques jours magnifiques à Siem Reap, il est temps pour moi d’harnacher de nouveau mon sac sur mon vélo, de dire au revoir et de partir.

La route m'appelle.



  1. En route vers Phnom Penh la capitale!



Plusieurs centaines de kilomètres me séparent de Phnom Penh, la capitale du Cambodge.

Les routes bitumées font place au chemins de traverses ponctués de nids de poules pour mon plus grand enchantement.


Je me dirige plus à l'est, pour visiter des ruines khmers beaucoup plus sauvages et moins touristiques.

J'ai la chance de visiter ces vestiges qui émergent de la végétation.

Personne à l'horizon, je suis en totale immersion.

Les racines des arbres serpentent à travers les ruines se frayant un chemin tant bien que mal jusqu'à la terre.

(J’aimerais vous en dire plus sur cet endroit – le nom exact et les coordonnées mais le destin en a décidé autrement. À Phnom Penh, juste avant de quitter le Cambodge, on m’a volé mon portable avec mes notes dedans.


Quelques jours tard, je me perds un peu plus.

J'emprunte des routes sinueuses à peine praticables, tombées dans l'oubli.

Je suis obligé de descendre de mon vélo qui s'enfonce dans le sable mou, afin de le pousser sur plusieurs kilomètres sous une chaleur assommante.


Heureusement que j'étais seul car je n'aurai pas été de très bonne compagnie si vous voyez ce que je veux dire.


Pour être honnête je n'avais pas prévu assez d'eau pour prendre ces chemins désertés par la population. J'avais si soif...


Et puis, enfin… Une silhouette au loin!


Je fini par croiser un paysan au milieu de la pampa conduisant une charrette.

Je me jette presque dessus pour lui demander de l'eau.

"Theuk" please, de l'Eau !

Le vieil homme, étonné d'abord de me voir dans cette situation, m'observe, l'œil qui pétille et explose de rire en me voyant de la sorte, assoiffé et sale à coté de ma monture. Il m'en offre très gentiment.


J'aime les réactions de ce peuple face à l'absurde.


En chemin, je suis très étonné aussi de traverser des endroits en feu comme vous pouvez le voir plus bas sur les photos.

Plus tard, je comprends que certaines forêts au Cambodge sont régulièrement défrichées pendant le saison sèche avec cette méthode d'agriculture sur brûlis, dans le but de préparer les parcelles pour accueillir les futurs cultures de riz ou de manioc.


Je suis invité et hébergé chez les gens, on m'invite à boire des Krud (bière cambodgienne) et à chanter des karaokés, presque une religion dans les pays d'Asie du sud Est.

J'ai massacré la Bohème d'Aznavour en chantant avec le micro relié sur les enceintes. Tout le village pouvait m'entendre, quand j'y repense j'ai le sourire aux lèvres.

Quelle chouette aventure...





  1. Phnom Penh



Me voilà fraîchement arrivé dans la capitale qui se trouve ainsi au confluent de trois grands fleuves dont le Mékong, le Tonlé Sap et le Bassac.


Carrefour économique du pays, je retrouve le bruit des moteurs, tout se bouscule autour de moi.

Je me sens tout petit sur ma bicyclette dans cette grande ville, c'est assez drôle comme changement d'ambiance.


Ville en effervescence qui se développe rapidement sous l'impulsion énorme des Chinois qui investissent de plus en plus dans le pays surtout dans les infrastructures

(routes, ponts, immeubles, aéroport, stations balnéaires...)


Il est sans doute préférable de visiter le Cambodge rapidement car malheureusement certaines îles charmantes se transforment et perdent vite de leurs authenticités.


A vrai dire, je ne suis pas vraiment charmé par Phnom Penh. J'y ai pris très peu de photo et je m'en rend compte en écrivant ces lignes. Mais, il y a deux endroits que je conseil vraiment:


Le marché central de Phnom Penh:

Un des symboles emblématiques de la capitale cambodgienne construit en 1937 pendant la période coloniale française.


On y trouve de tout!


J'adore me balader dans des marchés comme celui-ci.

Il y a des couleurs criardes partout, des odeurs étonnantes, c'est le parfait endroit pour découvrir l'art culinaire Cambodgien et pour y prendre des photos aussi.





La prison S21



Aujourd’hui transformée en musée, cette prison était un ancien lycée ordinaire

– le Tuol Svay Prey – avant la prise du pouvoir des Khmers rouges le 17 avril 1975, mettant fin à la République khmère au terme de longues années de guerres civiles qui ont déchirées le pays.

Pol Pot prend alors le pouvoir en instaurant une terrible dictature, un régime de terreur.

(Contexte géopolitique très complexe, je vous laisse faire vos recherches).


Ce musée, espace de mémoire, retrace l’histoire déchirante du pays, notamment le génocide orchestré par les Khmers rouges.


Il raconte aussi l’histoire de ce lycée devenu prison / endroit de mise à mort des

« ennemis du régime ».

Je ne vous parle pas des conditions de détention horribles des prisonniers avant les mises à mort… 17 000 personnes déportées à la prison S-21, 7 survivants.


Mon cœur est serré, la visite est incroyablement bien organisée accompagnée de l’audio-guide qui nous guide pas à pas, de salles en salles, à travers ce lieu chargé.

Je peine à retenir mes larmes en découvrant plus en profondeur l’histoire du pays et je prends conscience qu’il y a 60 ans à peine, plus de 20 % de la population du Cambodge fut massacrée par ce régime fou.


Je repense à tous ces visages, ces regards que j’ai croisés pendant mon voyage.

Je repense à ces paysages, ces rizières qui bordaient les routes que je traversaient à vélo ces deux dernières semaines et j’en suis bouleversé.


Je comprends mieux la dureté de certains regards et je pense à ce peuple résilient qui porte en lui les deuils et les marasmes de l'histoire collective.



C'est la seule photo que j'ai prise dans la prison, le seul portrait. 								Le portrait d'un homme condamné, le regard détourné de l'objectif.
C'est la seule photo que j'ai prise dans la prison, le seul portrait. Le portrait d'un homme condamné, le regard détourné de l'objectif.

Au petit matin, je repars de Phnom Penh, toujours sur mon vélo.

La ville s'éveille tout doucement, le bourdonnement des scooters retentissent dans les rues et les marchants préparent leurs étales.


Je repars, le cœur changé.



  1. Cando school



Mon amie Julie, rencontrée au Laos presque deux mois auparavant, me contact par téléphone.


Elle est accueillie en tant que volontaire dans une école située en plein milieu de la pampa.

Elle y donne des cours d'anglais et la famille à l'origine de ce merveilleux projet serait prête à m'accueillir plusieurs jours en échange de travail et de quelques photographies.

Trop cool !!


Je suis emballé par l'idée et hop, j'avale les kilomètres en direction de ce petit village, excité comme un môme.


Quelques jours après, j'arrive sur les lieux avec ma fidèle bicyclette qui tient toujours aussi bien la route (pas encore de crevaisons, je suis choqué!).


Je suis si bien accueilli par la famille et tous les enfants dont voici quelques photos.





Ce couple adorable donne un souffle d'espoir dans le village et offre aux enfants l'accès à l'éducation grâce à la création de ce magnifique projet.

Ils accueillent des volontaires via le site Workaway, vous pouvez donc en échange d'être nourrit et logé, participer à donner des cours d'anglais par exemple.


Ce fut une expérience inoubliable et je remercie encore ce couple fabuleux, si inspirant pour leur accueil chaleureux et les moments passés ensemble.

Merci aussi Julie encore une fois <3.


Après une semaine, je repars sourire aux lèvres, en direction de ma dernière destination : Kâmpôt et ses environs.




  1. Kâmpôt



Arrivé sur Kampot, j'en profite pour visiter une plantation de poivre quand même !


"La Plantation" est un endroit unique et vraiment chouette. La visite était gratuite et accompagnée d'une dégustation de poivre à la fin.


Ils y produisent de façon traditionnelle le poivre blanc, rouge et noir de Kampot.

Un projet équitable qui vise en plus de produire du poivre de qualité qui respecte les normes du poivre de Kampot, d'embaucher de nombreuses personnes sur le site en proposant un salaire décent.

Il y a même une partie prévue à l'accueil des familles des travailleurs(euses) comme un petit village.

J'achète plusieurs sachets de poivre qui feront le voyage avec moi au Vietnam et au Japon avant d'atterrir en France pour ravir les papilles de ma famille.






Je profite de ces derniers jours au Cambodge pour me relaxer, rencontrer du monde en auberge et faire la fête.

L'occasion aussi de partir se balader en scooter dans les alentours.





Et voilà ! Le fin de cette curieuse expérience au Cambodge prend fin après un mois.


Je me sépare de ma bicyclette à Kâmpôt en la donnant à une gentille famille.

J'espère qu'ils en feront bon usage...

"Prenez soin de mon fidèle destrier, il aime être flatté et manger de la paille fraiche" Leur regard est intérogateur...


Le Vietnam m'attend !


Quand j'y repense maintenant que j'écris ces lignes, c'était fantastique !


Leurs regards, leurs sourires, l'innocence des enfants, le fardeau des anciens, l'hospitalité des moines, les karaokés dans les villages, ces silences qui racontent, les parties de volley-ball, les temples d'Angkor, les krud, le camping sauvage, le Workaway dans l'école, ces paysages qui défilent lentement, mon bronzage de pêcheur, la poussière, la solitude, ces rencontres....❤️ "

L'aventure quoi !


La veille de mon départ pour le Vietnam en rentrant d'une soirée je me fais voler mon portable dans la rue par un mec en scooter. On m'avait prévenu qu'il y avait beaucoup de vols dans la capitale et bien aujourd'hui, je peux le confirmer.



Mon arrivée au Vietnam sera sans doute un peu plus excitante sans portable,

à l'ancienne !!



"Direct your eye inward, and you'll find a thousand regions in your mind / yet undiscoverd.

Travel them, and be expert in home-cosmography"

Henry David Thoreau



 
 
 

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